Les Promesses De L'Ombre, Un Film Sombre et Précieux

Les Promesses De L'Ombre est un de ces films rares et précieux en ces temps de productions portées sur la surenchère visuelle et les scénarios prémachés faciles à digérer pour nos cerveaux peu habitués à la réflexion.

En surface, David Cronenberg nous sert un polar du meilleur cru avec la belle sage-femme, l'ignoble parrain russe, le fils un rien détraqué et la brute de chauffeur. Mais il suffit de prêter un peu plus attention pour dépasser cette surface et plonger au coeur du film. La lentille hollywoodienne nous présente (trop) souvent la violence de cette chère humanité que nous représentons sous une forme surréaliste avec des combats agencés et habillés d'effets spéciaux à vous couper le souffle. On en perdrait le sens des réalités. C'est là où Les Promesses De L'Ombre intervient. Les combats, rares, sont crus et très brutaux. L'adversaire n'est pas prévisible et on n'anticipe pas façon kata. On ne fait pas dans le beau mais dans l'efficace. Mais la dimension psychologique du film est encore beaucoup plus importante que quelques combats filmés de la manière la plus réaliste qui soit, sans passage par le filtre polarisant des effets spéciaux. C'est la collision de plusieurs mondes qui se côtoient tous les jours; collision de plusieurs visions de la réalité, si réalité il y a.

Certains bien-pensants s'arrêteront peut-être à la violence, un des fils conducteurs de l'oeuvre, et joueront la carte de l'offuscation. "Apologie de la violence !". Vous avez raison mais est-ce qu'il faut pour autant hésiter à regarder ce monde à travers cette lentille ne serait-ce que le temps d'un film poignant, à couper le souffle, avec des acteurs magistraux, et qui invite à la réflexion sur la nature humaine et cette fameuse notion de civilisation dont nous nous targuons.

Chapeau bas sir Cronenberg!